Chronique: DEUX MENSONGES ET UNE VERITE au Théâtre Rive Gauche

DEUX MENSONGES ET UNE VERITE au Théâtre Rive Gauche. De Sébastien Blanc et Nicolas Poiret, mise en scène Jean-Luc Moreau.

 

Tout part d’un soir où un couple fête ses 27 ans de mariage. Lui, interprété par Lionnel Astier, avocat, se réjouit de l’aspect fusionnel de leur couple, il se targue de tout connaître d’elle, Catherine, interprétée par Raphaëline Goupilleau, son épouse. Pour preuve, il lance un jeu : ” Je vais te dire trois choses sur moi, il y a deux mensonges et une vérité, à toi de me dire quelle est la vérité “. Immédiatement, Catherine trouve la vérité, confortant ainsi, la déclaration de Lionnel. Ils ne peuvent apparemment plus se surprendre et pourtant ! Quand Catherine va, à son tour, proposer deux mensonges et une vérité, tout va basculer. Lionnel reste coi après que Catherine, à son tour, énonce deux mensonges et une vérité.

 

Une vraie comédie

 

Résumé ainsi, tout pourrait être banal mais c’est justement ce qui va permettre aux comédiens de décoller et d’offrir au public, une vraie comédie, dans la tradition la plus noble du théâtre de boulevard, sans aucune vulgarité. Tout comme, Catherine très finaude, veut montrer à son mari qu’on peut toujours se surprendre, les deux auteurs Sébastien Blanc et Nicolas Poiret ( fils de Jean) montrent tout leur talent, en nous plongeant dans l’absurde, et en faisant construire à leurs personnages des suppositions de plus en plus abracadabrantesques.

Le public d’ailleurs ne boude pas son plaisir devant ce jeu de ping pong avec les répliques. C’est avec bonheur que l’on voit toutes les certitudes de cet avocat s’effriter. Lui qui, pourtant croyait pouvoir tout maîtriser, perd de sa superbe. De plus, son meilleur ami, interprété par Frédéric Bouraly, lui aussi avocat, ne fait qu’accumuler les gaffes propres à terrasser Lionnel en le jetant dans les affres du doute. Elle ne serait donc pas celle qu’il croit. Les fausses pistes se mêlent et s’entremêlent, le rendant incapable de trier le vrai du faux.

 

Une partition parfaitement orchestrée

 

Les comédiens, ultra précis, maintiennent un tempo qui ne nous permet pas une seconde, de lâcher prise. Les dialogues sont vifs, aigus. Ils se décalent du réalisme, d’où l’hilarité qu’ils provoquent. On est vraiment dans cette bonne tradition du boulevard qui faisait triompher Jacqueline Maillan, Maria Pacôme et pour le couple masculin, Michel Serrault, Jean Poiret.

C’est efficace et drôle, avec des comédiens virtuoses. La plaidoierie du mari avocat, est un petit morceau d’anthologie et un vrai moment de délire. La mise en scène est assez judicieuse avec un dispositif qui permet d’évoquer les lieux successifs de l’intrigue.
” C’est fin, c’est très fin, ça se mange sans faim ”  pourrait-on dire, en l’honneur d’une autre comédie déjà rentrée dans les annales .

Une pièce qui sait allier le rire et la finesse.

 

DANS LA TRADITION DU MEILLEUR BOULEVARD.

 

DEUX MENSONGES ET UNE VERITE au Théâtre Rive Gauche. De Sébastien Blanc et Nicolas Poiret, mise en scène Jean-Luc Moreau.

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