La Machine de Turing, au Théâtre Michel

La Machine de Turing, au Théâtre Michel. De et avec Benoît Solès, mise en scène de Tristan Petitgirard.  Jusqu’au 30 novembre.

 

Qui était Alan Turing ?

 

Un génial mathématicien britannique qui réussit à décrypter le code des nazis ” Enigma ” . Les historiens estiment que sa découverte permit d’éviter des centaines de milliers de morts et permit également que la guerre se termine en 1945 .

Mais qui connaît celui qui parvint à percer les secrets de la communication allemande pendant la guerre, et qui est aussi un des pères de l’informatique en mettant en place les premiers éléments techniques et intellectuels des ordinateurs.

Benoît Solès a écrit et joue dans ce spectacle percutant où il réhabilite ce scientifique de génie qui n’a jamais connu la gloire, sa mission ayant été classée, secret défense. Pire encore, il fut condamné, en 1957, à la castration chimique parce qu’il était homosexuel.

Alan Turing sera retrouvé mort, 2 ans plus tard, il s’était empoisonné au cyanure injecté dans une pomme !!! La pomme croquée !!!!

 

Un portrait émouvant d’une remarquable intensité

 

Benoît Solès débute son récit en 1952, et par une série de petites scènes, sous forme de flash-back, il nous fait découvrir la vie de ce scientifique hors norme. Il mélange l’énigme mathématique qu’Alan Turing s’efforce de résoudre et sa vie privée, restée longtemps secrète. Professeur de mathématiques à King’s college, à Londres et à l’université de Manchester, il se livre à des travaux qui révèlent sa soif de comprendre la marche du monde par les mathématiques.

Il sera recruté par les services secrets britanniques afin de percer les messages codés de la machine allemande Enigma.

Bègue, obsessionnel, peu enclin aux relations sociales, Turing conscient de son talent est rongé par le rôle qu’on lui assigne, à savoir le déchiffrement de l’Enigma.

A la fois fragile – comme un enfant il est passionné du film d’animation Blanche Neige qu’il a vu et revu, d’ailleurs, il se donne la mort en croquant une pomme empoisonnée au cyanure, résistant comme un marathonien dont il égale les records, possédé par la mort de son premier amour dont il ne se console pas. Il s’acharne à créer une machine pensante capable de décrypter le code de l’Enigma… ET finit par le découvrir dans le secret qu’on lui imposa.

 

Une pièce habilement construite

 

Alors que Turning s’efforce de découvrir l’énigme mathématique à l’aide d’un écran géant qui se couvre d’archives et d’équations, nous découvrons son histoire personnelle. Après un cambriolage, Alan Turning va porter plainte. Le sergent qu’il rencontre, reçoit l’ordre du Général qui dirigeait Turning pendant la seconde guerre mondiale, d’enquêter. C’est ainsi que le sergent découvre son travail secret et, ce qui brisera Turning, son homosexualité.

Une pièce construite comme une tragédie dont la fin est inéluctable dans cette Angleterre où l’homosexualité est un crime.

 

Un spectacle percutant

 

Benoît Solès nous fait parfaitement sentir le désarroi de cet être d’une intelligence exceptionnelle, courageux , digne, son sens de l’humour ravageur et son goût du défi .Toutes les facettes de cet incroyable personnage nous apparaissent. Face à lui, Amaury de Crayencour  incarne tous les autres personnages, quatre au total, nous permettant ainsi d’apprécier l’étendue de son talent.

La mise en scène au cordeau de Tristan Petitgirard, le rythme, la musique, le jeu… tout est excellent dans ce spectacle.

 

Réhabilité à titre posthume, par la reine d’Angleterre en 2013, cette page sombre de l’histoire avec le destin d’Alan Turing qui méritait d’être connu a d’abord été portée à l’écran avec un film Imitation Game et maintenant sur les planches grâce à Benoît Solès.

 

” Je voulais célébrer le visionnaire et l’inadapté, le héros et le martyre, bref l’homme extraordinaire, courageux et passionnant que fut Alan Turing” 

 

La Machine de Turing, au Théâtre Michel. De et avec Benoît Solès, mise en scène de Tristan Petitgirard.  Jusqu’au 30 novembre.

 

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