Chronique: BOXE BOXE

BOXE BOXE ,  au Théâtre du ROND-POINT ,  jusqu’au 18 juin 2017. Direction Artistique et Chorégraphie:  Mourad MERZOUKI

 

Avant de venir à la danse, Mourad Merzouki a d’abord fait de la boxe à haut niveau. Depuis le début des années 90, il est une figure reconnue du mouvement hip-hop dans lequel il baigne depuis l’âge de 15 ans, après être passé plus jeune par la pratique des arts du cirque et des arts martiaux. Il est responsable du Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne.

En 1996, il fonde sa propre compagnie Käfig, du nom de sa pièce inaugurale qui signifie « cage » en arabe et en allemand.

 

Interaction entre danse hip-hop, musique et danse

 

Boxe Boxe, est un spectacle insolite alliant danse, boxe et musique classique. En effet, les 8 danseurs de Käfig voisinent avec les instrumentalistes du quatuor Debussy.

Dans un univers onirique entre fer forgé et punching ball, Boxe Boxe, fonctionne en tableaux car il n’y a pas d’intrigue. Les musiciens, véritables partenaires de danse, glissent sur le sol à damier, entourant et accompagnant les danseurs.

La boxe c’est déjà de la danse. Si l’un est plus associé à la violence, l’autre est associée à la légèreté. Mourad Merzouki joue sur ces contrastes, en évacuant les clichés car à chaque élément de la boxe correspond une dimension de l’art chorégraphique. La gestique des danseurs hip-hop évoque certains mouvements ou esquives des boxeurs sur un ring. Les gestes d’attaque et de défense sont réorchestrés dans une esthétique de hip-hop.

Un ring poétique

 

Ici, les cordes du ring sont remplacées par celles des instrumentalistes. Les collisions entre les corps tendent à la séduction, à un entremêlement. Le sport c’est aussi se battre, être adversaire mais aussi, se frôler, se séduire. La détermination du boxeur jusqu’à l’épuisement, l’éternel recommencement vers une impossible perfection, la lutte contre les limites du corps et de la fatigue, telles sont les performances qui nous sont offertes.

 

Un univers onirique

 

L’univers que nous avons sous les yeux rappelle celui de Tim Burton ou d’Alice au Pays des Merveilles et du même coup, invite immédiatement au rêve. L’inflexion burlesque est apportée par un singulier personnage, semblant tout droit sorti d’un film de Tim Burton avec ses jambes maigres et son corps énorme, jouant le rôle d’entraineur, meneur de jeu.

Bref, tout s’enchâsse entre performance, poésie, humour. Les danseurs enchaînent les figures les plus spectaculaires de la breakdance.

La musique, la chorégraphie, la scénographie, les lumières: tous les paramètres du spectacle s’harmonisent pour valoriser le geste et lui donner un côté plus poétique, plus léger et même plus humoristique que ce à quoi le spectateur peut s’attendre en évoquant la boxe.

Courez-y vous ne le regretterez pas ! Vous regarderez la boxe, et le hip-hop d’un autre oeil et vous découvrirez comment la musique classique accompagne le tout.

  1 comment for “Chronique: BOXE BOXE

  1. Gaël
    13 juin 2017 at 9 h 35 min

    Ayant vu Boxe-Boxe, je confirme le choix de tata Nicole sur ce spectacle impressionnant mêlant chorégraphie et musique autour de la boxe. L’originalité vient du fait que les comédiens sont autant les danseurs que les musiciens.
    Très agréable de voir ce spectacle de mime avec un quatuor de cordes.
    Pour ceux qui aiment les corps athlétiques, vous allez êtes servi en fin de spectacle où les danseurs sont torse nu.

    Après une année de tournée ce sont les dernières représentations mondiales du spectacle.
    Mais rassurez-vous, un deuxième spectacle Boxe-Boxe-Brasil repart en tournée avec cette fois des danseurs brésiliens.

    http://concert.arte.tv/fr/boxe-boxe-brasil-de-mourad-merzouki

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *