Chronique: Les deux Frères et les lions

Les deux Frères et les lions au Théâtre de poche Montparnasse , jusqu’au 26 novembre. De H.Tillette de Clermont-Tonnerre, mise en scène Véronique Debost et H.Tillette de Clermont-Tonnerre.

Les deux Frères , sont nés d’une commande d’écriture de Mona Guichard, directrice du Trident, scène nationale de Cherbourg, soucieuse de faire découvrir au grand public, le droit normand qui a subsisté dans certaines îles anglo-normandes, jusqu’au début du XXIème siècle. C’est ainsi qu’Hedi Tillette s’est lancé dans l’écriture de ce conte, inspiré d’une histoire vraie.

Une histoire en creux du capitalisme

Dans les années 40, en Grande Bretagne, naissent deux jumeaux. Ils sont très pauvres mais ont beaucoup d’idées. En raison de leurs origines, ils sont victimes d’humiliation. Ne supportant plus d’être rejetés par les patrons du Daily Telegraph auxquels ils voulaient apporter leurs idées pour augmenter le ventes, les deux frères stigmatisés vont devenir des monstres froids et égoïstes. A force de travail, ils deviennent la dixième fortune d’Angleterre.

Le capitalisme dont ils racontent les différentes mutations au cours du XXème siècle, devient l’arme de leur vengeance. Rien ne leur résiste sauf une loi ancestrale qui régit l’île anglo-normande, paradis fiscal où ils ont choisi de s’installer en attendant de transmettre leur fortune à leurs héritiers. Or, cette loi totalement misogyne affirme que seuls, les fils, héritent de leurs parents…

Les deux frères n’ont que des filles ! Impossibilité pour les duex milliardaires de permettre à leurs filles respectives d’hériter.

Ce conte mené tambour battant, permet de traverser 50 ans d’histoire du capitalisme et ouvre aussi sur des questions sociales, politiques mais aussi sur des réflexions philosophiques.

Un texte hilarant sur un rythme haletant

Tout est original dans ce spectacle, l’avant spectacle puisque les deux jumeaux font une entrée surprenante depuis l’impasse qui mène au théâtre. La connivence qu’ils entretiennent avec le public en partageant le Tea time ou un verre de whisky, accompagnés de scones, biscuits, bref tout ce qui constitue le tea time. Leur gémellité qui se traduit par des répliques en choeur ou un relais dans la diction des phrases. Le rythme et l’énergie ne tombent à aucun moment.

On est parfois dans un film, tant le rythme est haletant. La scénographie conjugue d’ailleurs la tradition et la modernité avec, sur écran, en fond de scène, des images liées à l’histoire et à l’environnement des deux frères. Sans oublier la musique originale de Nicolas Delbart qui vient rythmer ce récit.

Un spectacle atypique qu’il faut aller découvrir

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